Commentaire argumenté Nune et Rebeka

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Commentaire argumenté Nune et Rebeka

Message par nune.orbe le Mer 17 Fév - 21:59

Chère Monsieur X,
avant de commencer à vous expliquer tous les impacts qu´importe la féverole, il faut que vous sachiez que la féverole est un fertilisant biologique et économique, que je vous recommande dans l’objectif de votre conversion de l´agriculture traditionnelle à l´agriculture biologique.

Tout d´abord cette pratique agricole vous apporte trois intérêts majeurs. Premièrement, cette plante ne nécessite aucun engrais azoté et permet d’enrichir le sol en ions azotés, c’est donc un bon fertilisant. À titre d’exemple, une féverole d’hiver dans le sud-ouest permet de couvrir 67 % des besoins en azote d’une culture céréalière comme le blé. Par ailleurs, elle donne de bons rendements et est de même utilisée en rotation pour les cultures suivantes (document 1). Dans un deuxième temps, elle présente des qualités nutritives (elle est riche en protéines et en amidon) que vous pouvez utiliser pour nourrir vos porcs, les volailles ainsi que les ruminants et donc cela vous permet donc de faire des économies substantielles. Finalement, la féverole assure de quoi couvrir le sol en hiver, qui n’existe pas dans une pratique traditionnelle de labour. Cela vous permet de maintient la qualité biologique de votre sol et d´éviter son érosion.

Maintenant que je vous ai présenté ses intérêts, parlons pourquoi en plus elle est d´une efficacité.
Sur ce schéma (document 2), vous pouvez constater que, contrairement aux autres plantes, la féverole prélève très peu d´ions azotés du sol. Sa source principale est l’azote atmosphérique (N2), qu’elle absorbe au niveau des nodosités de ses racines, comme toutes les légumineuses (ex: le pois). Cela explique qu’elle n’a nul besoin d’engrais azoté, disposant à volonté d’azote dans l’air. On comprend également son action fertilisante sur le sol : les nodosités convertissent le N2 en ions ammonium NH4+. Elles en produisent tellement que la plante en relâche une grande quantité dans le sol, quantité qui restera disponible quelle que soit la pluviométrie pour les cultures suivantes. En effet, le complexe argilo-humique (CAH) du sol, chargé négativement retient facilement ces cations. Ceux-ci sont donc disponibles pour les cultures suivantes (document 1b).

La féverole est donc bénéfique pour l’environnement : les ions ammonium retenus par le CAH ne sont pas entraînés par les eaux de pluie, ils ne peuvent donc pas polluer les eaux.

Au contraire, l’utilisation de lisier est très nocive : est les bactéries du sol transformentle lisier en ions nitrates NO3- qui sont peu retenus par le CAH. Cela donnelieu au ruissellement et au lessivage du sol. Une étude menée sur plusieursannées (document 3) montre que sur 8 ans d’épandage de lisier, la norme depotabilité de 50 mg/L dans les eaux est dépassée dès la première année etqu’elle atteint à la fin un taux record de 120 mg/L. On peut donc conclure queces ions ne servent pas aux plantes mais qu’ils se retrouvent dans nos eaux.Six ans après l’arrêt du lisier, la situation ne s’est guère améliorée car lesions nitrates ne s’éliminent pas facilement. Le taux n’est redescendu que jusqu’à 80 mg/L, ce qui reste élevé.

Or, les ions nitrates sontdangereux pour la santé des personnes fragiles. Par ailleurs ils sont source d’eutrophisation des eaux, sources nutritives privilégiée pour certains végétaux. Ces eaux polluées sont asphyxiantes, et très peu d’animaux peuvent y survivre.

Je vous rassure que vous avez pris la bonne décision d'arrêter d´utiliser les engrais sur vos cultures, c’est une nécessité absolue pour la santé de nos concitoyens et pour l’environnement. La féverole vous permet la conversion de lágriculture traditionnelle vers l´agriculture biologique, en fertilisant vos champs et en bien nourrissant vos animaux, tout en réalisant des économies. Quant aux excréments de vos animaux, il existe des systèmes permettant de le traiter efficacement afin d’en récupérer les éléments fertilisants autres que l’azote, voire de le convertir en biogaz. Il ne sera donc pas perdu.

Cordialement,
votre agrobiologiste

nune.orbe

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Date d'inscription : 17/02/2016

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